dimanche 17 juin 2018

Une sortie aux lucioles – Rapport d'observation astronomique 2018.06.15-16.n

Allons … il y a des nuits d'astronomie inoubliables et celle-ci en était une, fut-ce déjà par la beauté des lucioles qui, clignotant de vert, semaient dans la nuit leur minuscule poésie.

Vendredi soir, je suis donc allé à l'observatoire de Saint-Pierre avec Frédéric, le conjoint de ma nièce Mireille. Frédéric, qui avait regardé brièvement dans ma lunette, il y a quelques semaines, m'avait mentionné son souhait de faire une soirée d'observation à la campagne, ce que nous avons fait hier, environ de 21h30 à 2h00 du matin. Nous sommes allés à l'observatoire de Saint-Pierre, où il y avait quelques autres membres du club dont Denis. Ciel bien noir, pas de Lune, bonne transparence, mais du vent, ce qui rendait les étoiles et les planètes un peu moins nettes que d'habitude (scintillation passable). Qu'importe : nous nous sommes régalés!

Les observations mentionnées ici ont été faites avec mes jumelles 9x63, mon télescope de 8 pouces (focale de 1200 mm, généralement avec un grossissement de 100x) et le télescope de 36 pouces (focale de 3400 mm, généralement avec un grossissement de 200x) de Denis, qui nous a fait le cadeau de nous montrer plusieurs objets dans ce magnifique télescope. Denis et moi avons aussi volontairement cherché quelques objets au 8 pouces et au 36 pouces, afin de comparer comment un même objet était visible avec ces deux ouvertures très différente, le 36 pouces captant beaucoup plus de lumière que mon 8 pouces.

Planètes

Vénus – Jumelles et 8 pouces. Gibbeuse au 8 pouces.

Jupiter – Jumelles et 8 pouces. Les lunes Ganymède, Europe et Callisto visibles. Sur la planète, deux bandes sombres visibles au 8 pouces. Premier essai (réussi) de Frédéric pour trouver un astre par lui-même au télescope.

Saturne – Jumelles et 8 pouces. Tache oblongue aux jumelles. Au 8 pouces, les anneaux étaient bien distinct de la planète, très inclinés. Trouvée par Frédéric.

Mars – Jumelles et 8 pouces. Petite boule orangée au 8 pouces. En se concentrant, il était possible de percevoir une différence de tonalité du sol, au centre du disque. Je me suis d'abord demandé si c'était mon imagination, mais Denis est venu voir et m'a confirmé que c'était bien un contraste du sol martien.

Nébuleuses (parfois avec amas ouverts)

Messier 57, nébuleuse planétaire, Lyre – 8 et 36 pouces. Forme en anneau bien visible dans les deux télescopes : un petit beigne flou au 8 pouces; un grand beigne bien texturé et fourmillant de détails au 36 pouces !

Messier 17, nébuleuse diffuse du Cygne, Sagittaire – 8 et 36 pouces. Ici, la comparaison de l'observation dans les deux télescopes est particulièrement intéressante. Au 36 pouces (avec filtre) cette nébuleuse est d'une richesse inouïe. Il y a dans la partie ouest un rond noir qui contraste beaucoup avec le reste. Partout dans Messier 17, des textures apparaissent et donnent l'impression de la surface d'une mer pleine de houle. Au 8 pouces, étonnamment, on distingue mieux la forme de cygne de cette nébuleuse, avec son long cou qui borde le rond noir mentionné plus haut. En effet, captant davantage de lumière, le 36 pouces a tendance à atténuer le contraste entre le cou du Cygne et le reste de la nébuleuse, alors que le 8 pouce fait bien apparaître ce contraste.

Messier 20, nébuleuse diffuse Trifide et amas ouvert, Sagittaire – 36 pouces (avec filtre). La nébuleuse obscure Barnard 85, située à l'avant-plan, très détaillée et donnant à Messier 20 sa forme de trèfle était impressionnante de détails.

Messier 8, nébuleuse diffuse, et NGC 6530, amas ouvert, Sagittaire – 8 et 36 pouces. Beaucoup plus riches au 36 pouces.

Messier 27, nébuleuse planétaire – 36 pouces. Un peu comme pour la nébuleuse du Cygne, la forme en trognon de pomme de Messier 27, facilement visible dans un plus petit télescope, se confond au 36 pouces avec les parties habituellement peu visibles de la nébuleuse. L'ensemble, au 36 pouces, a ici davantage l'air d'un disque d'une luminosité très dense et texturée.

NGC 6960, 6992 et 6995, les Dentelles du Cygne, vestige de supernova – 36 pouces (avec filtre). La merveille de la soirée, magnifiquement ramifiée en une foison de détails, en d'infinies subtilités. Cette nébuleuse toute en finesse mérite bien son nom de Dentelles. En deux parties principales, très étendues, il fallait déplacer le télescope pour en suivre les détails.

Le Gentil 3, nébuleuse obscure, Cygne – Visible à l'oeil nu. C'est Denis qui me l'a montrée, m'expliquant qu'il s'en sert pour évaluer la noirceur du ciel : si Le Gentil 3 (qui est une grande tache noire en pleine Voie Lactée, au nord-est de Deneb) est visible, c'est qu'on a un bon ciel! Je ne l'avais jamais vue.

Amas globulaires

Messier 13, Hercule – 8 et 36 pouces. Quelques étoiles résolues au 8 pouces mais, au 36 pouces, c'était tout autre chose : il devait bien y avoir au moins 200 étoiles très bien résolues. C'était époustouflant! Denis en a aussi profité pour me montrer la petite galaxie proche NGC 6207 que je n'avais encore jamais vue.

NGC 6522 et 6528, Sagittaire – Au 8 pouces. Ces deux amas globulaires, peu lumineux, étaient mes nouveautés de la soirée, avec Le Gentil 3 et NGC 6207.

Galaxies

Messier 81 et 82, Grande Ourse – Bien visibles ensemble au 8 pouces.

Messier 51 et NGC 5195, Grande Ourse8 et 36 pouces. Deux tache floues au 8 pouces. Au 36 pouces, les bras spiraux de Messier 51 étaient très bien visibles. Denis me faisait remarquer que le bras spiral de cette galaxie qui passe entre son noyau et la galaxie NGC 5195 fait un angle très prononcé. Messier 51 était si magnifique au 36 pouces que j'en oubliais presque de regarder la petite NGC 5195 ! L'ensemble ressortait si bien que j'y revoyais clairement le dessin célèbre de ces deux galaxies par lord Rosse.

Pour conclure

Merci à Denis de nous avoir fait abondamment profiter de son télescope! C'est un télescope magnifique, dans lequel les objets célestes fourmillent de détails subtils comme sur de bonnes photos prises avec de plus petits télescopes. Le seul qui lui soit d'un diamètre plus important, au Québec, est le télescope scientifique du Mont Mégantic. C'est dire le privilège que nous avons eu de pouvoir y regarder plusieurs beaux objets célestes! Je ne crois pas que Frédéric aurait pu faire autrement un début si spectaculaire dans sa découverte des merveilles du ciel!

dimanche 10 juin 2018

Quelques objets du système solaire – Rapport d'observation astronomique 2018.06.10.m

Cette nuit, de minuit à une heure, j'ai profité d'un beau ciel bien dégagé et sans Lune pour faire un peu d'observation aux jumelles 9x63 montées sur trépied.

Aux jumelles, j'ai donc observé les planètes Jupiter, Saturne et Mars , l'astéroïde 4 Vesta et l'amas globulaire Messier 22.


Aux jumelles, Saturne et Messier 22 se voyaient très bien dans le même champ. Comme l'un et l'autre sont dans la constellation du Sagittaire, basse au dessus de l'horizon sud, je n'étais pas certain de voir Messier 22, en raison de l'abondante crasse lumineuse urbaine qu'il y a dans cette direction. Certes, le ciel y était plus gris que noir, mais l'amas globulaire était bien visible, comme une tache lumineuse floue assez étendue. Cet amas globulaire, dans de bonnes conditions d'observations, est le plus lumineux de ceux qui sont visibles depuis la vallée du Saint-Laurent. Quant à Saturne, elle se présentait comme une petite tache ovale bien nette, les anneaux se confondant avec la planète. (Sur l'image ci-dessous, Messier 22 est au centre.)


mercredi 23 mai 2018

Trépied pour jumelles - quelques courtes sorties d'observation

Mentionnons d'abord une belle conjonction observée à l'oeil nu, l'autre soir, entre Vénus et un fin croissant de Lune!

La veille, suite à mon essai des jumelles d'Yves montées sur trépied (encore quelques soirs plus tôt, à Saint-Pierre) je me suis acheté un trépied pour mes jumelles propres 9x63. C'était une très bonne idée : je les ai essayées avec le trépied, chez moi, les deux soirs suivants l'achat, et la qualité de vision en est très significativement augmentée. D'une part, la stabilité procurée par le trépied permet de mieux discerner les objets célestes plus faibles (sans parler du confort accru et de la facilité à consulter une carte sans perdre de vue nos balises célestes). D'autre part, je peux maintenant observer en conservant mes lunettes (le poids des jumelles ne m'écrase plus les lunettes sur le nez), ce qui me permet une meilleure mise au point. Par exemple, Jupiter, que je voyais toujours comme un gros point brillant et jamais parfaitement focalisé, m'apparaît maintenant comme une belle petite surface bien délimitée. C'est très comparable, en fin de compte, à ce que je voyais dans les jumelles d'Yves, mais en un peu plus petit (9x au lieu de 15X).

Avec mes 9x63 montées sur trépied, j'ai donc pu observer, de chez moi, la Lune, Vénus, Jupiter, ses satellites galiléens (même si Io était très difficile à voir, très proche de la planète), ε Lyrae et les trois amas globulaires Messier 3, Messier 13 et Messier 92. J'ai même essayé la galaxie Messier 81 (déjà vue clairement dans les mêmes jumelles, à la campagne), ayant peut-être vaguement discerné quelque chose en vision décalée – mais c'était peut-être aussi mon imagination qui croyait voir quelque chose...

La nuit suivante, outre la plupart des objets célestes mentionnés ci-dessus, j'ai aussi observé Messier 29 et Messier 39, ainsi que Saturne. Celle-ci se présentait comme une minuscule surface oblongue et non pas comme un point, les anneaux se confondant avec la planète.

Quelques soirs plus tard, toujours avec les 9x63 sur trépied, j'ai observé la Lune à son premier quartier. Elle était en conjonction avec Regulus, à moins de 1° au sud-est de la Lune. Entre autres éléments du relief lunaire, j'ai pu observer quelques cratères que je n'avais jamais observé auparavant : Gemma Frisius, Goodacre, Stöfler, Faraday et Maurolycus. J'ai aussi pu voir au complet Sinus Asperitatis que je n'avais vu jusqu'alors que de façon partielle.

J'aime beaucoup observer aux jumelles : on voit bien les objets du ciel profond dans leur environnement stellaire et je trouve ça très beau! Ensuite, des jumelles et un trépied, c'est si facile à transporter! Je sens que je vais avoir beaucoup de plaisir à observer ainsi. 

samedi 12 mai 2018

Nébuleuses planétaires et galaxies – Rapport d’observation astronomique 2018.05.11

Sortie parfaite à l'observatoire du club Le Ciel étoilé de Saint-Pierre, hier soir (vendredi 11 mai). Ciel dégagé, pas de Lune, température fraîche mais confortable. J'y suis allé avec un autre membre du club, Martin. Nous avions nos jumelles (moi-même mes 9x63) et nous avions apporté des oculaires pour utiliser avec le télescope 305/1524 du club : les 13 mm et 24 mm de Martin et mon 32 mm. Avec ce télescope, ils procurent des grossissements respectifs de 117X, 64X et 48X. D'autres membres du club étaient présents, avec divers instruments, dont Denis, avec le télescope de 36 pouces et Yves avec des jumelles 15X70 (champ de 4°) montées sur trépied. C'était bien agréable de jaser avec les autres et de se promener d'un instrument à l'autre tout au long de la soirée, avec le murmure constant du ruisseau. À l'aller, nous avons vu trois chevreuils, sur la route et à l'orée du bois.

Tout a commencé au crépuscule, avec l'observation de Jupiter et des quatre satellites galiléens dans les jumelles d'Yves et les miennes. Si mes 9x63 sont excellentes, les 15x70 d'Yves sont d'une qualité fantastique! Dans ses jumelles, Jupiter était une petite sphère bien délimitée et ses satellites de petits points biens nets.

Puis pendant (et après) que Martin trouvait et me montrait l'amas globulaire Messier 3 au télescope (et qui se résolvait très bien en étoiles), j'ai fait quelques observations de galaxies avec mes 9x63 : Messier 101 (UMa), 51 (CVn) et 106 (CVn), qui apparaissaient toutes trois comme de très petites taches floues. Messier 51, aux 9x63 à Saint-Pierre, est plus facile à voir qu'en banlieue avec mon T203/1200, ce qui en dit long sur la lumière en ville! C'est aussi à peu près à ce moment que j'ai été voir la nébuleuse planétaire de l'Anneau de la Lyre (Messier 57), dans le télescope de 11 pouce d'un autre membre du club.

Continuant avec les 9x63, j'ai ensuite pu voir un de mes objectifs de la soirée : la nébuleuse planétaire du Fantôme de Jupiter (NGC 3242), observée ensuite au T305/1524, puis avec les 15x70 d'Yves. C'était ma première observation de cette nébuleuse que je souhaitais voir depuis longtemps. Aux jumelles, son apparence est stellaire. Au télescope à 117X, elle porte bien son nom, ressemblant beaucoup à Jupiter. C'est une belle grande tache au contour étonnamment net et d'un surface de brillance constante.

Je suis ensuite passé à trois galaxies de la Chevelure de Bérénice, au télescope, juste à coté de l'Amas stellaire Coma (Melotte 111) : NGC 4494, NGC 4565 (l'Aiguille, j'y reviens bientôt) et surtout NGC 4559, cette dernière étant mon autre objectif de la soirée, ne l'ayant encore jamais vue. NGC 4559, une spirale mixte, qui avait plutôt l'air d'une irrégulière et qui faisait un peu penser à NGC 4631 (la Baleine), était la plus brillante des trois. Elle était aussi flanquée, de part et d'autre, juste à la limite de sa périphérie visible, de deux étoiles assez lumineuses. NGC 4494, de son côté, était une petite tache discrète.

Martin m'a ensuite montrée la jolie petite nébuleuse planétaire NGC 4361, dans la constellation du corbeau. Cette nébuleuse moins connue n'est pas sans me faire penser au Fantôme de Jupiter, mais en plus petit. (Sur la carte ci-dessus, juste en bas à gauche du mot "Corbeau".)

Et maintenant : le plus beau de la soirée, que je gardais pour terminer ce rapport d'observation : les galaxies NGC 4565 (l'Aiguille), mentionnée plus haut, et Messier 104 (le Sombrero), que Denis nous a montrées dans le télescope de 36 pouces, à peut-être 200x. Wow !!!

Pour ce faire d'abord une idée du télescope dont il est question ici, il faut d'abord dire que « 36 pouces » signifie que le miroir principal du télescope est d'un diamètre de 36 pouces. La longueur du tube, elle, est peut-être autour de trois ou quatre mètre. (Pour observer dans le télescope, il nous a fallu monter sur un escalier mobile qui fait penser aux escaliers mobiles, dans les bandes-dessinées de Tintin, servant à monter dans un avion.) Ce télescope est un instrument d'optique qui allie à la fois élégance, finesse et gigantisme !

Ces deux galaxies, vues par la tranche, sont traversées sur toute leur longueur par une bande de poussière sombre. NGC 4565, l'Aiguille, qui est l'une de mes galaxies préférées, remplissait toute la largeur du champ de vision. Très fine et élancée (d'où son nom), elle comportait un petit renflement, au milieu, et sa bande sombre séparait très nettement les deux moités de la galaxie, sur le sens de la longueur. La bande sombre de Messier 104, de son côté, en raison de l'angle de vision un peu plus incliné de cette galaxie, délimitait très bien son rebord. Ce rebord assez net et l'allure d'ensemble de cette galaxie lui ont valu sont nom de « Sombrero ». Il lui va très bien.

Grand merci à Martin, Denis, Yves et tous les autres astronomes présents qui ont contribué à ce magnifique partage d'observations!

jeudi 26 avril 2018

Petite sortie - Rapport d’observation astronomique 2018.04.22.s

Nous avons enfin eu deux beaux soirs sans nuage, mais avec une Lune à son premier quartier. Hier, malgré la fatigue, je suis sorti sur ma galerie pour observer un peu aux jumelles (10x50 et 9x63). J'ai revu quelques objets célestes déjà observés quelques fois : Messier 3 et 13, Melotte 111 et la Superba. Rien de nouveau, malheureusement. Dieu sait combien je rêve de voir de nouvelles galaxies mais, en ville, il y a trop de crasse lumineuse. 

La seule chose un peu nouvelle, c'est que je n'avais jamais remarqué auparavant la teinte orangé de Kochab (β UMi), que je n'avais vue jusqu'ici qu'à l'oeil nu.