dimanche 8 février 2015

Rapport d'observation astronomique 2015.02.07.s Enfin un ciel de campagne!

7 février 2015, approximativement de 19h15 à 20h45, avec mon frère Emmanuel.
Site d'observation: de la campagne.
Conditions d'observations: ciel parfaitement dégagé, faible pollution lumineuse, pas de Lune, environ -15°C avec un faible vent, mais très chaudement habillé.
Instruments: j'ai apporté mes jumelles Bushmaster 10x50, pour les premiers repérages, et mon télescope Sky-Watcher 203/1200, ainsi que mes oculaires de 32 et 7 mm, pour des grossissements respectifs de 38 et 171 fois et des champs réels respectifs de 112' et 21'; mon frère, qui ne désirait pas apporter son 305/1500 a plutôt apporté son petit télescope de 130 mm.
Objectifs de la sortie: pour ma part, trouver et observer M1, M67 et M79, tandis que mon frère souhaitait en particulier trouver M79, l'un des rares objets Messier qu'il n'avait pas encore observés; de plus, c'était pour moi la première occasion d'enfin essayer mon 203/1200 sous un beau ciel de campagne.

Tout au long de cette soirée, mon frère et moi n'avons cessé de nous montrer les différents objets trouvés dans nos télescopes.

Objets célestes observés (légende: ° objet du système solaire, ¤ objet du ciel profond):

Afin de tout-de-suite comparer les possibilités de mon télescope sous un beau ciel de campagne avec ce que je savais déjà de ses possibilités sous un ciel de banlieue, j'ai d'abord observé l'Épée d'Orion avec ses objets principaux, pratiquement tous dans le même champ de mon oculaire de 32 mm. C'était tout simplement époustouflant! Ainsi donc:

¤ M42, la Grande nébuleuse d'Orion: magnifique, riche et étendue!
¤ M43: nébuleuse plus modeste, mais bien visible elle aussi.
¤ NGC 1977, nébuleuse du Coureur: faible mais visible, proche de 42 et 45 Ori.
¤ NGC 1980: nébuleuse diffuse; faible elle aussi, mais décelable près de ι Ori.
¤ NGC 1981: amas ouvert, peu dense mais qui ajoute une jolie touche à l'ensemble.

La comparaison de l'observation de ces objets en banlieue puis en campagne est concluante: c'est bien plus beau et nuancé en campagne qu'en banlieue! Évidemment, je m'y attendais, mais je suis tellement ravi d'enfin découvrir les vraies possibilités de mon plus gros télescope!

Comme nous ne savions pas combien de temps le froid allait nous permettre de rester dehors, je suis alors passé sans tarder à l'observation des trois objets que je désirais particulièrement trouver.

¤ M79: amas globulaire dans le Lièvre. J'aime beaucoup les amas globulaires et celui-ci est l'un des rares qui soient visibles en hiver. Au 25 mm, un beau petit amas relativement pâle. Je suis passé au 7 mm, espérant le résoudre en étoiles, mais une petite turbulence m'en a empêché. (À cause de cette petite turbulence et du froid, je n'avais pas tellement le goût de passer mon temps à changer d'oculaires; aussi est-ce l'une des rare fois de cette sortie où j'ai aussi utilisé le 7 mm.) Je suis très content de cette observation, celle que je tenais le plus à réaliser lors de cette soirée.
¤ M1, la Nébuleuse du Crabe, dans le Taureau. Un ami me l'ayant montrée l'automne dernier, dans son 200 mm, je savais assez bien à quoi m'attendre; j'avais ensuite tenté de la voir de chez moi, mais sans succès en raison, il me semble, de l'arrivée soudaine de nuages; aussi, j'étais content d'enfin trouver et observer cette belle petite tache floue, légèrement ovale.
° Jupiter et ses quatre ° Satellites galiléens. Ici, profitant de ce que Jupiter était dans les parages de mon dernier objectif, j'ai fais un petit détour, une petite parenthèse, pour observer rapidement cette belle planète. Ses satellites Io, Callisto, Europe et Ganymède étaient aussi bien visibles (mais je ne sais lequel était lequel). Avec l'oculaire de 7 mm, deux bandes nuageuses sombres étaient aussi bien visibles sur Jupiter. Je n'ai toutefois pas encore réussi à voir la Grande tache rouge. (Fin du détour, de la parenthèse.)
¤ M67 : amas ouvert dans le Cancer. Cet amas aussi, j'avais tenté de le trouver de chez moi, mais la pollution lumineuse me rendait difficile la vision des étoiles-jalons, celles-ci étant plutôt faibles. Cette fois-ci, cependant, il m'est apparu aux jumelles comme une petite tache floue puis, au télescope, comme un bel amas bien serré, beaucoup plus beau que je ne l'imaginais.

Ayant atteint mes objectifs de la soirée et le froid étant encore supportable, je suis alors passé à d'autres objets célestes récemment observés :

¤ M41: amas ouvert dans le Grand Chien. Bien plus beau et plus riche en détail que ce que j'avais vu de chez moi avec mon petit télescope et dans un secteur du ciel très pollué par la lumière.
¤ M44, Amas de la Ruche ou de la Crèche, dans le Cancer. Franchement spectaculaire. Cet amas majestueux remplissait, par ses belles étoiles bien brillantes, tout mon champ apparent, pourtant large de 112'. C'est tout juste si l'on n'entendait pas les étoiles y faire de petits « bzz » d'abeilles …

Par la suite, j'ai tenté de repérer, sans succès, quelques autres objets que je n'avais pas encore observés. Mais je ne m'y étais pas préparé d'avance et, selon mon frère, c'était des objets difficiles à voir. Parmi eux la Nébuleuse de la Rosette (NGC 2237, une nébuleuse très étendue) dans la Licorne et l'amas ouvert NGC 2244. En fait, j'ai bien trouvé un amas ouvert, mais il y en a tellement, dans cette étroite région du ciel, que je ne sais vraiment pas lequel j'ai vu – d'autant plus que je n'ai pas discerné de traces de nébuleuse. Qu'importe: c'était un amas très joli!

De son côté, Emmanuel a observé, grosso-modo, les mêmes objets que moi, et en particulier M79, son objectif principal de la sortie. Profitant de ce que j'examinais mes cartes pour essayer de trouver la Rosette et les autres objets que je n'ai finalement pas trouvés, mon frère a emprunté mon télescope pour trouver, observer et me montrer les amas ouverts M46 et M47, dans la Poupe. Nous n'avons toutefois pas réussi à discerner NGC 2438, la nébuleuse planétaire alignée avec M46, ne sachant pas exactement où regarder, parmi les étoiles de l'amas. Avec son télescope, il m'avait aussi montré, un peu plus tôt, les galaxies M81 et M82 que j'avais trouvées et observées l'automne dernier.

Après une heure et demie dehors, toutefois, le froid a commencé à gagner nos doigts et nos orteils. Avant que ce froid ne devienne pénible (ce qui peut être rapide et traître), nous avons donc décidé de ranger notre matériel dans l'automobile, puis de rentrer.

Nous étions très contents, tous les deux, de cette soirée très agréable.