jeudi 7 janvier 2016

Rapport d’observation astronomique 2016.01.04.s Autour d’Orion

Introduction

Avant cette sortie d'observation du 4 janvier, ma précédente sortie datait du 20 novembre, un mois et demi plus tôt. Puis, le 26 novembre, je faisais l'acquisition du magnifique
Interstellarum Deep Sky Atlas. C'est dire combien j'avais hâte de sortir observer et de mettre à profit ma nouvelle acquisition ! Toutefois le ciel ayant été tout ce temps couvert ou illuminé par la Lune pleine ou presque pleine, ma sortie du 4 janvier a donc été ma première depuis un mois et demi et, pour tout dire, ma plus intéressante depuis septembre ou octobre.

En ce soir du 4 janvier, je me suis donc installé sur ma galerie, en banlieue, sous un ciel dégagé et sans Lune, mais avec la présence de pollution lumineuse urbaine. Temps froid et sec de -14°C descendant à -16°C, sans vent. Les observations ont duré de 17h30 à 21h00. Toutefois, je suis rentré souper de 18h00 à 18h45, puis je suis  régulièrement rentré consulter l'Interstellarum Deep Sky Atlas, profitant du souper et de ces courtes consultations pour me réchauffer un peu. Dehors, je me suis aussi servi du Pocket Sky Atlas. Mon objectif de la soirée était d'observer NGC 1662, NGC 2169, Persson 1, Elosser 3 et M40, objectif qui a été largement dépassé. J'ai observé avec mon télescope Sky-Watcher Traditional 203/1200, muni d'oculaires de 32 mm et de 12 mm, pour des grossissements respectifs de 38x et de 100x et des champs réels respectifs de 112' et de 36'. J'ai aussi fait un peu de repérage avec mes jumelles BushMaster 10x50.

Avant souper

Après la mise en température des instruments et un peu de repérage à l'oeil nu et aux jumelles, les observations ont commencé en faisant l'ajustement du Telrad et du chercheur sur Aldébaran ou Bételgeuse, je ne me souviens plus exactement. Dans un ciel rempli de pollution lumineuse, les jumelles, le Telrad et le chercheur s'avèrent trois outils de recherche complémentaires fort utiles.

M45, les Pléiades, amas ouvert dans le Taureau, histoire de commencer avec quelque chose de facile à trouver et de toujours si beau ! Observées à 38x.

NGC 1662, amas ouvert dans Orion. Cet amas est situé environ 4° au nord de la main ouest d'Orion (π3 Orionis), celle qui tient son arme de chasse. Sept ou huit étoiles, bien visibles à 38x. Je tenais à le voir avant souper, de crainte qu'il ne soit disparu derrière le toit de la maison lorsque je ressortirais.

Après souper

M42, Grande nébuleuse d’Orion, nébuleuse diffuse, et Trapèze d’Orion, amas ouvert au cœur de la nébuleuse. Un peu comme pour les Pléiades, il était difficile de ne pas y jeter un coup d’œil en passant. Observés à 38x et 100x.

Les trois objets célestes suivants étaient visibles dans le bras est d’Orion :

Persson 1, astérisme environ 1° au sud de ξ Orionis. Cet astérisme d’une dizaine d’étoiles bien visibles forme un serpent dont NGC 2169 serait la tête. Observé à 38x.

NGC 2169, le « 37 céleste », amas ouvert. Environ treize étoiles visibles à 100x. À ce grossissement, le dessin en forme de « 37 » était évident.

Elosser 3, astérisme. Une dizaine d’étoiles en cascade mais finissant en équerre, avec 72 Orionis à l’angle de l’équerre. Observé à 38x.

D’Orion, je suis alors passé à la Licorne, puis à la Poupe :

M50, amas ouvert. Même s’il est dans la Licorne, cet amas est à peine 4° NNE de θ Canis Majoris. 15 à 18 étoiles visibles à 100x.

Trouver les deux amas suivants, bas sur l’horizon et avec Sirius pour seul point de repère à l’œil nu, a été toute une aventure, d’autant plus que Sirius allait bientôt disparaître derrière une maison. Cherchant les deux amas par saut d’étoile en étoile, je ne pouvais me permettre de m’égarer en chemin, risquant de ne plus même retrouver mon point de départ !

Cheminant donc méticuleusement avec l’oculaire de 32 mm d’une étoile à l’autre et de losange en triangle, je suis finalement arrivé à un … arbre, à travers les branches duquel j’ai tout de même pu discerner M47, amas ouvert dans la Poupe. À 100x, une fois l’amas sorti de l’arbre, une vingtaine d’étoiles étaient facilement visibles. Entretemps, Sirius avait disparu et, pour trouver l’amas suivant, il ne fallait surtout pas que je perde de vue M47.

Cet autre amas était M46, amas ouvert dans la Poupe lui aussi, proche du précédent. Pour le trouver, sans perdre de vue M47, il m’a fallu attendre que le ciel « tourne » encore et que M46 sorte à son tour de l’arbre. Localiser l’endroit où il se trouvait n’a pas été trop difficile grâce aux étoiles d’alentour. Mais discerner l’amas lui-même a été plus délicat, ses étoiles étant plus faibles que celles de M47. Trois étoiles (dont je me demande encore si elles faisaient bien partie de l’amas) étaient visibles en vision directe à 100x, alors qu’une douzaine d’autres, à la limite de la visibilité, ne se laissaient voir qu’en vision décalée. Inutile, dans ces conditions, d’espérer dénicher la nébuleuse planétaire NGC 2438, située sur la même ligne de visée que M46. N’empêche : j’étais bien content d’avoir pu débusquer ces deux amas, ce que je ne croyais pas vraiment possible de chez moi.

Le dernier objet observé ce soir-là était dans la Grande Ourse, qui commençait à être assez haute sur l’horizon pour tenter le coup :

M40, Winnecke 4, étoile double à environ 1,5° NE de Megrez. Il est bien surprenant de voir un si modeste objet céleste dans le catalogue de Messier, mais sa modestie elle-même le rend intéressant, un peu comme si M40 devenait le représentant ou le symbole de tous ces objets célestes qui passent habituellement inaperçus.

Sapristi de pollution lumineuse !

Notons enfin que j'ai aussi tenté de trouver certains autres objets que la pollution lumineuse rendait malheureusement invisibles. Parmi eux, M78, nébuleuse diffuse dans Orion – mais je m'y attendais !

Conclusion

Ce soir-là, j’ai pu trouver et observer onze objets célestes :

- Deux déjà vus et trouvés par moi-même : M42 et M45.
- Deux que mon frère Emmanuel m’avait déjà montrés : M46 et M47.
- Sept qui étaient nouveaux pour moi, dont M40 et M50. Le Trapèze d’Orion était aussi nouveau pour moi, en ce sens que je l’avais probablement déjà vu, mais sans vraiment y faire attention.

Sur les cent dix objets du catalogue de Messier, il n’y en a donc plus que neuf que je n’ai encore jamais observés.

C’était une très agréable soirée !