samedi 19 mars 2016

Madame Séléné II – Rapport d’observation astronomique 2016.03.18.s

Nouvelle sortie d'observation de la Lune, vendredi soir, dans des conditions identiques à celles de dimanche dernier et avec le meme équipement (T114/1000, 200x), à la différence, cependant, que la Lune était maintenant gibbeuse ascendante de 10 jours.

Je m'en tiendrai cette fois-ci à quelques faits saillants, remarquant d'abord que, en raison du changement d'éclairage, les éléments géographiques observés cinq soirs plus tôt étaient devenus beaucoup plus difficiles à voir, saturés de lumière. Mon but initial était d'observer le Rupes Recta (Mur droit), mais il était, déjà, trop éloigné du terminateur, semble-t-il, pour projeter une ombre visible.

Proche de la Mare Nubium, les trois grands cratères Ptolemaeus, Alphonsus et Arzachel étaient visibles, Arzachel laissant voir son pic central ; mais le plus grand des trois cratères, Ptolemaeus, en raison de ses remparts relativement peu élevés et d'un éclairage trop direct, était aussi le plus difficile à voir et on le perdait facilement. Je me souviens, par pleine Lune, de n'avoir réussi à en trouver aucun des trois.

Un peu plus au nord, la région de Mare Insularum et de Sinus Aestuum, s'est avérée particulièrement intéressante, avec l'extrémité orientale des Montes Carpatus émergeant de l'ombre du terminateur et, plus à l'est, les deux étendues sombres de dépôts pyroclastiques d'Aestuum et de Bode. Les dépôts pyroclastiques sont le fruit d'anciennes éruptions volcaniques, mais ne sont pas des coulées de lave. Il s'agit plutôt de dépôts sombres formés de débris rocheux et de cendres. Le cratère Copernic, quant à lui, laissait voir son pic central, ses gradins intérieurs et ses rayons d'éjectas extérieurs.

La région de Mare Imbrium, quant à elle, a été la plus remarquable de la soirée, d'un point de vue esthétique, avec Sinus Iridium, au tiers occidental couvert de l'ombre du terminateur, mais dont le rempart occidental, les Montes Jura, traçaient un magnifique arc de lumière émergeant de l'obscurité. Cette vision n'était-elle pas appropriée à l'observation de Sinus Iridum, la Baie des Arcs-en-ciel ? Au deux extrémités de la baie, le Promontorium Laplace et le Promontorium Heraclides montaient la garde pour assurer la protection de quelque port sélène. Non loin, Dorsa Heim, une crête, telle une longue vague se brisant sur un récif, s'étendait de part et d'autre du cratère Caroline Herschell. Notons enfin quelques montagnes groupées ou isolées : Montes Recti, Montes Teneriffe, Mons Pico et Mons La Hire.