dimanche 21 mai 2017

Sortie d'initiation à l'astronomie – Rapport d'observation astronomique 2017.05.20.s

Hier soir, 20 mai, je suis allé avec Thérèse et Guy, un couple d'amis, faire une courte sortie d'observation à la campagne. Nous avons observé sous un beau ciel dégagé et sans Lune, mais avec une forte turbulence, de 22h00 à 23h15. Nous étions sur le bord d'une petite route, au même endroit qu'hier, alors que j'étais avec mon frère Emmanuel, entre un champ et un petit bois, assez près du fleuve. Nous entendions le coassement des grenouilles et humions le fumet campagnard de sympathiques bovins. Nous avons utilisé ma lunette de 120 mm d'ouverture et de 600 mm de longueur focale, avec des oculaires qui permettaient de grossir 24x, 50x et 86x.

Guy avait déjà fait de l'astronomie une fois, avec Emmanuel, François B. et moi-même, en 2014 ou 2015, mais Thérèse en était à sa première sortie réelle d'observation. Aussi, j'avais préparé la soirée en choisissant des objets célestes « classiques », beaux à observer, faciles à trouver et qui, par ailleurs, représentaient bien l'ensemble des catégories d'objets observables. Pour l'essentiel, il ne nous a manqué qu'une nébuleuse, mais ce n'est que partie remise.

La soirée d'observation a commencé dans l'auto, où j'ai pu donner quelques informations à Thérèse sur les objets célestes que nous allions observer : que sont les objets que nous allons observer et quelle est leur distance de la terre? Une année-lumière, par exemple, est la distance parcourue par la lumière en une année. Quand on sait que la lumière parcourt 300 000 km en une seconde, on devine qu'une seule année-lumière est déjà une distance … astronomique!

Une fois sur place et le matériel installé, nous avons commencé l'observation, pour nous situer, en faisant la reconnaissance de quelques astres et constellations. D'abord, l'étoile polaire haute au nord, la Petite Ourse, Cassiopée proche de l'horizon nord et la Grande Ourse au-dessus de nos têtes. Puis d'ouest en est, en passant par le sud : Castor et Pollux des Gémeaux, le Lion en forme de sphinx dans le désert, Jupiter dans la constellation de la Vierge et le Scorpion qui commençait à se lever. Juste au-dessus de l'horizon sud, enfin : le Corbeau en forme de trapèze.

Le premier objet céleste observé à la lunette a été la planète Jupiter, dont les deux bandes nuageuses équatoriales, vaguement brunâtres, se sont faites visibles à 86x. À gauche se voyaient les lunes Callisto et Europe et, à droite, Io et Ganymède, découvertes par Galilée, lorsqu'il a braqué sa lunette vers le ciel en 1610. Jupiter et ses lunes se trouvent à environ 20 minutes-lumière de la Terre et sont les plus proches objets célestes que nous avons observés lors de notre sortie.

Avant qu'il ne disparaisse dans les arbres, à l'ouest, nous avons pu observer l'Amas de la Crèche, M44, un magnifique amas ouvert qui remplissait le champ de l'oculaire avec ses dizaines d'étoiles. Cet amas est situé à environ 550 années-lumière de la Terre. (Précision: les objets célestes désignés par la lettre « M » suivie d'un nombre, comme « M44 », sont des objets du catalogue créé par Charles Messier en 1774. Ce sont parmi les objets les plus connus des astronomes amateurs et ils sont souvent appelés « objets Messier ». Messier avait dressé ce catalogue pour que ses collègues astronomes et lui-même évitent de les confondre avec des comètes.)

Nous sommes ensuite passés à un amas globulaire : le Grand amas d'Hercule, M13. Cet amas constitué d'un demi-million d'étoiles nous apparaissait comme une tache floue, au cœur plus lumineux que sa périphérie, et bien moins étendue que l'Amas de la Crèche. À fort grossissement, quelques étoiles se distinguaient du fond diffus de l'amas. le Grand Amas d'Hercule est situé à environ 22 000 années-lumière de la Terre.

Les trois objets observés ensuite étaient visibles ensemble, à 24x : la Galaxie du Sombrero, M104, l'astérisme (ou dessin d'étoiles) « Jaws », en forme de requin, et l'astérisme Canali 1 ou Struve 1659. Nous les avons toutefois plutôt observés individuellement à 50x.

La Galaxie du Sombrero se présentait comme une petite tache ovale floue mais bien distincte. C'est l'objet le plus lointain et le plus populeux observé lors de notre sortie. Situé à environ 28 000 000 d'années-lumière de la Terre, cette galaxie est constituée des centaines de milliards d'étoiles!

« Jaws », quant à lui, est un astérisme dont les étoiles, en raison du hasard des alignements, forment le dessin d'un requin avec une immense mâchoire, un dos arqué et un aileron saillant. Les étoiles de cet astérisme sont situées à des distances variées de la Terre.

Quant à l'astérisme Canali 1, qui forme un grand triangle équilatéral avec un plus petit triangle en son cœur, seules ses cinq plus brillantes étoiles étaient facilement visible : l'une des étoiles du petit triangle étant assez difficilement perceptible. Les étoiles de cet astérisme sont situées à des distances variées de la Terre.

Nous sommes ensuite passés à l'étoile double Albireo dont les couleurs orange de la plus brillante et bleue de la plus discrète étaient bien perceptibles. Selon Wikipedia, on les appelle parfois « le Topaze et le Saphir ». On a longtemps cru qu'il s'agissait d'une double optique, dont les étoiles sembleraient proche l'une de l'autre en raison du hasard des alignements, mais ce n'est pas le cas : il s'agit d'une vraie étoile binaire, dont les deux constituantes tournent l'une autour de l'autre. Elles sont situées à environ 434 années-lumière de la Terre.

Et là, ô merveille! la surprise de notre soirée : en regardant vers l'est, la planète Saturne qui se levait, presque au ras de l'horizon! Holà! Comment ne pas en profiter pour observer se joyau du ciel? À 50x, son anneau était bien visible mais, comme elle était toute proche de l'horizon, elle avait une teinte orange très marquée, comme le soleil qui, se levant ou se couchant, prend une teinte rouge. Je ne suis pas certain, mais je crois avoir discerné, bien faiblement, la lune Titan.

Pour terminer notre sortie d'observation, nous avons jeté un coup d'oeil rapide à un autre amas globulaire, M4, proche de l'étoile Antarès. Cet amas aussi se levait. Il se présentait comme une tache floue plus faible et apparemment plus homogène que M13, observé plus tôt. M4, l'amas globulaire le plus proche de la Terre, est situé à environ 7000 années-lumière de nous.

Gagnés par le froid, nous avons plié bagage vers 23h15. J'étais particulièrement ravi de cette sortie d'observation qui a permis à mes deux amis Thérèse et Guy de contempler quelques merveilles du ciel. Carpe noctem!