dimanche 23 juillet 2017

Un beau ciel d'été! – Rapport d'observation astronomique 2017.07.22-23.n


Hier soir, samedi 22 juillet, j'ai fait une sortie d'observation avec un très vieil ami, Michel, qui avait été avec moi membre de l'Astro-club du Collège de Lévis, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Nous sommes allés dans Bellechasse, sur le bord d'un petit chemin de campagne très tranquille et proche du fleuve. Pas de Lune et pas de pollution lumineuse significative pour nos observations. Il y a eu quelques petits nuages en début de soirée et la scintillation n'était alors pas bonne, mais les nuages ont vite disparu et la scintillation est devenue bien meilleure par la suite. Nous avions les jumelles 9x63 et le télescope 203/1200, et avons utilisés des oculaires qui grossissaient 38x et 100x (et 240x pour Jupiter). Quand l'un de nous était au télescope (nous nous sommes partagé les recherches), l'autre était souvent aux jumelles. J'ai une fois de plus été surpris par la qualité des observations faites avec ces jumelles : elles captent beaucoup de lumière et permettent de voir les objets célestes dans un environnement plus étendu qu'au télescope. À partir de 11h30, la Voie Lactée était franchement spectaculaire et on distinguait bien la section longitudinale moins lumineuse qui semblait la scinder en deux.

Notre soirée d'observation a commencé au télescope avec Jupiter, qui descendait sur l'horizon ouest, et ses quatre satellites galiléens, qui encadraient la planète de façon bien symétrique, deux à droite et deux à gauche. Le grossissement poussé à 240x n'a rien donné d'intéressant : la turbulence était telle qu'un flou entourait la planète et qu'on ne distinguait pas de bandes nuageuses sombres.

Michel a ensuite tourné le télescope vers Saturne, dont les anneaux sont toujours très inclinés. Je n'ai pu m'empêcher d'avoir une pensée amusée pour les astrologues, puisque Saturne n'est en ce moment d'en aucune constellation du zodiaque, mais bien dans le Serpentaire! Héhé!

Nous avons abondamment profité de ce soir de juillet pour observer des grands classiques, mais aussi des objets célestes plus discrets, en direction du centre galactique, proche de l'horizon sud. Juillet et août sont les meilleurs mois pour les observer et ils ne restent pas longtemps dans le ciel :

M4, amas globulaire du Scorpion, proche d'Antarès, visible aux jumelles et se résolvant en étoiles au télescope, à 100x.

M7, Amas de Ptolémée, amas ouvert du Sagittaire. Impressionnant aux jumelles, il est spectaculaire au télescope à 38x, remplissant le champ de l'oculaire.

M6, Amas du Papillon, amas ouvert du Sagittaire. Plus petit que M7, il se voit néanmoins très facilement aux jumelles. Au télescope à 38x, Michel et moi avons remarqué l'une de ses étoiles qui se distinguait par sa teinte orangée.

M8, Nébuleuse de la Lagune, nébuleuse diffuse, et NGC 6530, amas ouvert, dans le Sagittaire. Ces deux objets, visibles ensemble au télescope à 38x et 100x laissaient voir, entre l'amas et la partie la plus lumineuse de la nébuleuse, une sorte de bande sombre assez contrastée. Je n'ai pas noté – et je ne me souviens malheureusement pas – si nous avons observé ces deux objets célestes aux jumelles.

M24, Nuage d'étoiles du Sagittaire, observé en passant, aux jumelles comme au télescope. Je me souviens, il y a deux ans, alors que j'étais avec mon frère Emmanuel, d'avoir passé la moitié d'une soirée à l'observer dans le détail. C'est un objet céleste fascinant.

M17, Nébuleuse du Cygne ou Oméga, nébuleuse diffuse du Sagittaire. Visible aux jumelles. Sa forme de Cygne flottant sur l'eau, avec son long cou courbé, était bien visible au télescope à 100x.

Les deux objets suivants étaient deux objets que je n'avais jamais observés auparavant et que j'ai trouvés au télescope à 38x, pour mieux les regarder ensuite à 100x : NGC 6624, un amas globulaire proche de Kaus Media, dans le Sagittaire, et NGC 6638, un amas globulaire proche de Kaus Borealis, toujours dans le Sagittaire. Ces deux amas se présentaient comme de petites taches floues, non résolues en étoiles.



Nous nous sommes ensuite éloignés du centre galactique pour explorer d'autres parages.

Comme Michel voulait voir des galaxies (et moi aussi, d'ailleurs : n'ayant pas fait de sortie en campagne, au printemps, les galaxies me manquent!), nous avons d'abord jeté un coup d'oeil à M109, dans la Grande Ourse, qui était proche de la limite de la visibilité directe, à 100x, mais tout-de-même assez étendue.

Nous nous sommes ensuite tournés vers M31, la Grande Galaxie d'Andromède (visible à l'oeil nu, aux jumelles et au télescope), et ses deux galaxies satellites M32 et M110, bien visibles à 100x. M32 avait l'allure d'une étoile floue, tandis que M110 se présentait comme une petite tache ovale.

Pendant que Michel observait le trio andromédien au télescope, j'ai jeté un petit coup d'oeil, aux jumelles, à M33, la Galaxie du Triangle. Un peu difficile, assez étendue et avec une magnitude surfacique basse, elle se voit mieux aux jumelles qu'au télescope. Je l'avais vue, en 2014, je crois, lors d'une sortie avec Emmanuel, aux jumelles 10x50 et au télescope 114/1000, mais c'est hier soir, avec les 9x63, que cette galaxie se laissait le mieux voir.

NGC 6940, amas ouvert dans le Petit Renard. C'est le troisième objet de cette sortie que je n'avais jamais observé auparavant et que j'ai trouvé aux jumelles, puis au télescope. Au télescope, c'est un bel amas, comptant de nombreuses étoiles d'éclat assez comparable et qui se démarque du champ surtout par la densité de son piqué d'étoiles.

Nous avons fini la soirée par des coups d'oeil très rapides à trois grands classiques du ciel profond :

NGC 869 et 884, le Double Amas de Persée, amas ouverts visibles à l'oeil nu, aux jumelles et au télescope.

M13, le Grand Amas d'Hercule, amas globulaire, observé au télescope à 100x, se résolvant en étoiles et qui semble avoir été, avec Saturne, M8, M31 et M57, parmi les objets préférés de Michel.

M57, l'Anneau de la Lyre, observé au télescope à 100x.

Nous avons quitté les lieux peu après minuit, enchantés de cette belle sortie d'observation.

Je termine avec une remarque sur l'observation aux jumelles : l'observation de la région du Sagittaire où se trouvent M24 et M17 a laissé voir un fantastique fouillis d'étoiles et d'autres objets du ciel profond que je n'ai pas tous notés. L'impression d'ensemble est saisissante. Je crois que j'aimerais bien passer une soirée d'été entière, sans Lune et à la campagne, à balayer aux jumelles cette région du ciel et d'autres secteurs de la Voie Lactée et à noter tout ce qu'on peut y voir avec des 9x63.

Carpe noctem !