mardi 12 septembre 2017

Lune et céphéide – Rapport d'observation astronomique 2017.09.10.s

Sortie sur la galerie chez nous, hier soir, avec mes jumelles 9x63 et mon télescope 114/1000 muni d'un oculaire grossissant 200x.

En guise d'apéritif à l'observation de la Lune, je voulais jeter un coup d'oeil à δ Cephei, qui est l'archétype des étoiles variables céphéides. δ Cep varie de la magnitude 3,4 à la magnitude 4,2. Comme les étoiles ε Cephei et ζ Cephei, ses voisines, visibles dans le même champ aux jumelles, sont respectivement de magnitudes 4,2 et 3,5, elle sont d'excellents points de comparaison pour évalué la magnitude de δ Cep. La tâche n'est cependant pas si facile pour un novice en étoiles variables, car les magnitudes 3,4 et 4,2 sont en fin de compte assez rapprochées. Et que dire si δ Cep est, un soir donné, d'une magnitude intermédiaire? Toujours est-il que, à propos d'hier soir, je vais m'aventurer à dire que δ Cep semblait d'une magnitude similaire à celle de ζ Cep, donc autour de son maximum. Mais ζ Cep étant assez orangée, contrairement à δ Cep qui est plus blanche, je me demande si cette différence de couleur peut créer une illusion, du fait que l'orangé est moins « éblouissant » que le blanc. Qu'importe : c'est un début intéressant, pour moi, en observation d'une étoile variable – et d'autres observations me permettront peut-être de me faire un jour à l'évaluation des magnitudes.

La couleur assez orangée de ζ Cep m'a poussé à jeter un coup d'oeil à μ Cephei, l'Étoile grenat. Elle est décidément d'un rouge-orangé saisissant! On dirait un tison au milieu de la nuit.

J'ai ensuite mis de côté les jumelles pour regarder la Lune avec mon T114/1000. Comme elle était relativement basse sur l'horizon, surtout au début de mon observation, la turbulence était forte et, à 200x, on avait l'illusion que sa surface entière ondoyait comme l'eau du fleuve par un fort vent d'est. J'ai essentiellement observé le long de la ligne de démarcation entre la partie éclairée de la Lune et sa partie laissée dans l'ombre. Dans certains secteurs plus accidentés, on voyait parfois une cime surgir d'un océan d'ombre, fière et solitaire.

En ce qui concerne les cratères, je ne mentionne ici que ceux que j'identifiais pour la première fois : Arago, Auwers, Boscovitch, Dawes, Julius Caesar, Manilius, Menelaus, Plinius et, surtout, le large cratère Catharina. J'ai aussi vu les parties centrale et nord-ouest de la falaise Rupes Altai que je n'avais pas encore vues et qui formaient une ligne obscure. J'avais déjà, en 2014 ou 2016, observé la partie sud-est de Rupes Altai. Cette partie sud-est formait alors une ligne éclatante. (La lumière venait, lors de ces deux observations, de directions opposées.) Mais mon plus grand plaisir de la soirée a été l'observation spectaculaire de deux crêtes de Mare Serenitatis : Dorsa Lister et Dorsa Smirnov. Cette dernière, parfois surnommée en anglais « Serpentine Ridge » en raison de sa longue ligne sinueuse, longeait hier soir la limite entre les zones éclairée et sombre de la Lune. La lumière rasante faisait alors très bien ressortir Dorsa Lister et Dorsa Smirnov qui, lorsqu'elles sont directement éclairées, contrairement à hier soir, sont parfaitement invisibles!

La Lune est un monde fascinant, tout-à-fait à part dans le monde de l'observation astronomique. Je me demande pourquoi je ne l'observe pas plus souvent. Carpe noctem!