samedi 30 septembre 2017

Variation de l'éclat d'Algol – Rapport d'observation astronomique 2017.09.28.s+30.s

J'avais le goût d'observer la variation d'éclat d'Algol (β Persei), une étoile variable à éclipse, dont la variation me semblait plus facile à observer que celle de δ Cephei, céphéide observée le 10 septembre dernier. En effet, la variation d'Algol la fait passer de la magnitude 2,1 à la magnitude 3,3 (différence de 1,2 magnitude), tandis que δ Cephei varie de la magnitude 3,4 à la magnitude 4,2 (différence de 0,8 magnitude). Outre le fait qu'Algol est toujours plus brillante que δ Cephei, sa variation d'éclat est aussi plus importante. Je me suis donc dit que, pour un débutant en observation des étoiles variables, il serait peut-être plus facile d'observer la variation d'éclat d'Algol que celle de δ Cephei, sans pour autant abandonner l'idée de revenir, un autre soir, à l'observation de δ Cephei.

Le cycle de variation d'Algol s'étend sur presque trois jours. Elle atteint son minimum en quatre heures et revient à son maximum en quatre autres heures, lorsque sa composante la moins lumineuse éclipse sa composante la plus lumineuse (Algol est une étoile double). Ayant consulté les tables de l'American Association of Variable Star Observers, je savais qu'elle serait à son minimum le soir du 28 septembre à 21h15, HAE.

Le soir du 28 septembre était bien dégagé! J'en ai donc profité pour observer Algol de ma galerie, vers 21h15. L'instrument idéal pour cela était une paire de jumelles : assez puissantes pour bien voir d'autres étoiles dans mon ciel éclairé de banlieue, elles offrent un champ assez large et une mobilité assez rapide pour voir facilement plusieurs autres étoiles des alentours. Cet aspect est important, puisque c'est en comparant l'éclat d'une variable à celui des étoiles voisines qu'on peut évaluer la magnitude de la variable et, sur plusieurs séances d'observation, sa variation d'éclat. J'ai donc utilisé mes 9x63.

Les étoiles proches d'Algol qui m'ont servi de points de comparaison, pour évaluer la magnitude d'Algol, étaient δ Persei , ρ Persei , et ψ Persei . Lors de l'observation, je ne connaissais toutefois pas les magnitudes de ces étoiles : je trouvais simplement qu'elles étaient les meilleurs points de comparaison proches d'Algol. Ce n'est qu'une fois rentré que j'ai pu vérifier leur éclat avec le logiciel Stellarium et constater que mon observation était bien conforme aux données scientifiques.

De la magnitude la plus brillante à la moins brillante, l'éclat d'Algol et des trois autres étoiles était donc :

δ Per (magnitude 3,0)
Algol (à son minimum, donc magnitude 3,3, selon les tables, et, selon mon observation très amateure mais très enthousiaste : quelque part entre les magnitudes de δ Per et de ρ Per, mais très proche de celle de ρ Per)
ρ Per (magnitude 3,3 à 4,0 une belle étoile orangée qui me semblait subtilement moins lumineuse qu'Algol)
ψ Per (magnitude 4,2 à 4,4)

J'étais donc particulièrement content d'avoir pu observer, de manière si convaincante, Algol à son minimum. Mais ce n'était là qu'une partie de mon objectif, puisqu'il me restait encore à l'observer à son maximum.

Les deux soirs suivants s'avéraient intéressant : selon les tables de l'American Association of Variable Star Observers, Algol ne reviendrait à son minimum qu'à l'heure du souper, le 1er octobre. Ces tables ne mentionnent pas de minimum secondaire (lorsque la composante la plus brillante éclipse la moins brillante) mais, s'il y en a bel et bien un, il devrait logiquement être à peu près à mi-temps entre deux minima (principaux) – à moins d'une orbite particulièrement excentrique. C'est donc dire qu'un éventuel minimum secondaire pourrait avoir lieu vers le lever du soleil le matin du 30 septembre. Selon toute vraisemblance, Algol serait donc à son maximum les soirs du 29 et du 30 septembre.

Le soir du 29, le ciel était couvert à 80% et peu propice à l'astronomie, mais on annonçait un beau ciel dégagé pour le lendemain. L'observation d'Algol à son maximum s'est donc faite le soir du 30, toujours avec les 9x63, quoique juste à temps, puisque le ciel s'est finalement ennuagé.

Les mêmes étoiles que l'avant-veille ont servi de point de comparaison pour évaluer la magnitude d'Algol, mais aussi l'étoile Mirphak (α Persei) de magnitude 1,75. De la magnitude la plus brillante à la moins brillante, l'éclat d'Algol et des quatre autres étoiles était donc :

α Per (magnitude 1,75)
Algol (à son maximum, donc magnitude 2,1, selon les tables, et, selon mon observation encore très amateure mais encore très enthousiaste : nettement plus brillante que δ Per et d'un éclat comparable à α Per – en fait, Algol m'a même semblé légèrement plus brillante qu'α Per, mais peut-être est-ce une impression due à la couleur un peu orangée d'α Per?)
δ Per (magnitude 3,0)
ρ Per (magnitude 3,3 à 4,0)
ψ Per (magnitude 4,2 à 4,4)

Conclusion : j'ai bien réussit à observer la variation d'éclat d'Algol, observée à son minimum le 28 septembre et vraisemblablement à son maximum le 30. C'est ma première observation de la variation d'éclat d'une étoile.


Le même soir du 30 septembre, je voulais aussi faire un peu d'observation à la lunette L120/600. Je n'ai cependant pas pu observer très longtemps, à cause d'un ennuagement, mais j'ai eu le temps de jeter un coup d'oeil rapide à la Cascade de Kemble (Kemble 1) et à l'amas ouvert NGC 1502, que je voulais revoir tous les deux, ayant lu à leur propos, durant la journée, le chapitre qui leur est consacré dans le livre Deep SKy Companions : Hidden Treasures de James O'Meara.